Internet : La pollution cachée.

internet, la pollution cachéeAujourd’hui web parle du web, sur le web.

Internet. On y passe son temps sur l’interface « utilisateur », on pourrait même dire « consommateur », à brasser des pixels sur tel ou tel support. Mais de la même manière que la vie des produits industriels que nous consommons ne se limite pas à leur achat, et au moment où on les jette, Internet ne sort pas juste de la box. Son existence demande des infrastructures lourdes, une énergie considérable et autant de matières premières. On est loin de se douter du coût environnemental réel d’actions que l’on qualifie de virtuelles.

Voilà de quoi il est question dans ce docu passé sur France 5 : Internet, la pollution cachée.

Commentaires perso, qui dévoilent le contenu du docu :

La première partie présente en détail le fonctionnement du réseau, des serveurs et explique avec beaucoup de pédagogie pourquoi Internet consomme tant d’énergie. J’ai  aimé ce passage clair avec des animations, des données chiffrées. Bien qu’on puisse discuter tel ou tel détail, ça donne une bonne idée globale et c’est ce qui compte.

Un site pas mal avec plein de chiffres frais.

Remarque : Si l’information parcourt des milliers de km à la vitesse de la lumière, son temps de parcours est de l’ordre de quelques dixièmes de milliseconde, ce qui est très pratique pour rafraîchir une page web et indispensable pour jouer en réseau à l’échelle mondiale. (si la taille de la Terre ou la vitesse de la lumière avait été différentes ça ne serait pas possible !)

Rien qu’une heure de mails au niveau mondial, représente déjà beaucoup d’énergie, et c’est une goutte d’eau vis à vis du reste des actions en ligne. Quand on sait qu’une bonne partie est du spam effectué par des programmes, eux même détournant une partie de l’énergie « utile », ça laisse un sentiment assez désagréable vis à vis des dérives du système actuel.

Les ordres de grandeurs évoqués sont assez hallucinants et on comprend bien que la tendance n’est pas à la baisse, avec l’augmentation du nombre d’internautes, des volumes stockés dans le Cloud, et le big data, c’est à dire l’augmentation massive de la quantité et de la taille des données numériques.

On comprend qu’offrir plus ou moins gratuitement des volumes de stockage de plus en plus grands, contribue à des pratiques problématiques :
On ne fait aucune éducation de l’utilisateur visant à limiter sa quantité de données en ligne, c’est même tout le contraire. C’est à dire qu’il va poursuivre une hausse de son bilan énergétique lié à ses activités « virtuelles », sans avoir aucune conscience de tout cela et avec un gaspillage phénoménal puisqu’une énorme partie des données en ligne ne sont plus d’aucune utilité pour leur propriétaire !
C’est comme si on entassait nos objets utiles ou non, dans des hangars chauffés, sans aucun tri, et que ce serait la manière normale de faire.

Mais bordel y’a des gens qui sont conscients que l’énergie chimique cramée aujourd’hui et issue de millions d’années d’énergie solaire, stockées sous forme de pétrole, gaz ou charbon, c’est vachement plus précieux que ça ?

Le reportage se poursuit par un passage qui montre que pour choisir le type de source primaire qui fournirait l’électricité, les principaux acteurs du web n’ont dans un premier temps que pensé au coût direct et ont donc opté pour le moins cher aujourd’hui : Le charbon. C’est à dire qu’Internet et toutes nos activités numériques fonctionnent aujourd’hui principalement grâce à la combustion du charbon (C + O2 -> CO2, réchauffement climatique toussa).
Si quelques initiatives sont prises pour changer cela, on est encore majoritairement sur ce modèle, qui est catastrophique à moyen terme, au niveau local comme au niveau global.

On notera la posture intelligente de Greenpeace (pour une fois) qui tend à susciter l’action positive de la part des géants du web. Plutôt que d’aller à l’affrontement, on préfère sensibiliser et mettre devant leurs responsabilités ces entreprises innovantes, qui ont le pouvoir de changer le monde, dans un sens ou dans l’autre.

Enfin, comme souvent dans ce type de reportage, après avoir montré l’horreur de la réalité du fonctionnement actuel, on tente de présenter des idées positives, des possibilités de faire autrement, mieux.

Finalement permettre au réseau, en association avec les capteurs de plus en plus nombreux, d’harmoniser l’utilisation d’énergie chez les consommateurs avec la production d’énergie issue des énergies renouvelables et ainsi s’adapter à leur problème d’intermittence.

Plusieurs pistes :

  • La chaleur des serveurs qui est aujourd’hui une contrainte et qui entraîne un coût  énergétique supplémentaire avec les climatiseurs utilisés doit au contraire devenir de la chaleur utile !!! (pour l’habitat, l’industrie, partout où on a justement de gros besoins de chaleur)
  • Internet peut être un maillon essentiel d’une évolution de la société en permettant une prise de conscience des enjeux énergétiques, mais aussi en diffusant des solutions de gestion plus intelligente, de meilleure efficacité, de procédés qui deviendront incontournables.
    J’insiste : ce n’est pas Internet le problème !
  • En plus de repenser son rapport à la consommation pour une réduction globale, moins de superficiel et un retour à l’essentiel et à l’utile, l’individu pourra également harmoniser son utilisation de l’électricité avec les aléas de la nature (soleil, vent).
    On pouvait moudre le grain quand le moulin tournait, on pourra charger sa voiture électrique quand l’éolienne tournera.
    Internet permettra de donner l’évolution de cette production électrique en temps réel, en incitant par un système de prix bien plus évolutif.
  • L’harmonisation ne s’arrête pas là ! On pourra imaginer des ensembles connectés à plus grande échelle qui penseront leurs besoins énergétiques non plus de manière individuelle mais de manière globale, pour optimiser l’ensemble.

On rejoint les idées de Jérémy Rifkin, qui apparaît d’ailleurs dans le reportage. Si je ne suis pas toujours d’accord sur tout avec lui, il a le mérite d’apporter de l’espoir et de vouloir changer les choses.

Voilà, bilan positif pour ce reportage, assez complet (en dehors des pollutions et raréfaction de certaines matières premières nécessaire à l’informatique par exemple), qui malgré un passage un peu plus « lent » au milieu, arrive globalement à nous maintenir attentif tout en nous faisant découvrir un point de vue intéressant.

Dans l’idée de ce docu, on pourra me reprocher d’inciter avec cette rubrique au visionnage de vidéos en Streaming, qui est une activité très énergivore. Un peu comme Yann Arthus Bertrand qui prend un hélico pour dire ensuite que l’homme maltraite son environnement. Dans les 2 cas ça me semble être un faux problème plutôt qu’une contradiction réelle, tout simplement vis à vis du bilan global de ce type de démarche éducative.
Et pour récupérer les vidéos localement sur votre machine (et les partager ensuite), vous avez ce logiciel.

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Internet : La pollution cachée. »

    • ça bouge tout doucement oui. En attendant, plus de 90% des utilisateurs n’ont aucune idée des quantités d’énergie et de matières premières nécessaires au secteur.

      ça rejoint une certaine conception de l’avenir : je ne suis pas certain que la solution aux problèmes limitants à venir est purement technique.
      Il faut également changer le rapport à la consommation et dans celle ci la consommation d’internet et de nouvelles technologies (tablettes, smartphones, etc.) est dans une logique d’abondance et de gaspillage, en décalage complet avec un développement pérenne du secteur.

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