Fraternité

Ce dimanche 10 novembre a lieu une marche contre l’islamophobie.
La tribune parue dans libération explique les raisons de cet appel et donne les noms de ceux qui en sont à l’origine.
Le texte est sans ambiguïté : trop de racisme envers les musulmans dans les discours politiques / médiatiques, qui se traduisent en actes de violence envers des personnes en raison de leur religion supposée.
Je ne peux que partager ce constat et être en accord avec l’intégralité de ce texte.
Je ne reviendrai pas sur le débat autour du mot islamophobie, c’est du conspirationnisme comme l’explique bien cet article, on s’en fout et le véritable enjeu est parfaitement clair dans le texte.
Lisez-le au lieu de lire ce qui a été écrit sur lui :

https://www.liberation.fr/debats/2019/11/01/le-10-novembre-a-paris-nous-dirons-stop-a-l-islamophobie_1760768

Je vais commencer par un cri du coeur pour dire sans ambiguïté parce que ça me parait nécessaire : Quelque soit votre religion, votre culture, votre origine, je vous aime !
Merci d’être là, merci d’être différents, faisons société ensemble avec fraternité.

J’avais besoin de dire ça parce que j’ai honte de mes semblables (les p’tits blancs sans problèmes liés à leur gueule), ils me font de la peine.
Ce qui devait être l’occasion de nous rassembler, pour affirmer haut et fort que le racisme n’avait pas sa place en France, a au contraire fait éclater au grand jour une division forte et inquiétante. Pourquoi ?

D’un coté il y’a les racistes assumés, les fascistes ou leurs sympathisants dont on se doutait de la réaction : On dénonce le communautarisme, l’islamisme qui s’étend, le discours habituel de l’extrême droite.

En revanche, ce qui m’a surpris et profondément déçu, c’est la volonté pour des gens, principalement de droite mais finalement de tous bords politiques, de se trouver une bonne excuse pour se désolidariser de ce mouvement, le critiquer autant que possible et ne mettre en avant que ses pires aspects.
On a parlé de communautarisme, d’islamisme politique, d’intégrisme … au final la classe médiatique et monsieur tout le monde s’est approprié une bonne partie du discours d’extrême droite et sa peur de l’intégrisme.
Qu’en est-il ? Est-ce justifié ? Voici les initiateurs de l’appel :

  • Madjid Messaoudene (élu de Saint-Denis Front de Gauche) : principal acteur de cet appel, il est très engagé pour défendre les LGBT+, entre autre. C’est bien tout le contraire d’un intégriste !!!
  • la Plateforme L.e.s. Musulmans
  • Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (des intégristes bien connus !)
  • le Comité Adama
  • le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF)
  • l’Union communiste libertaire (UCL)
  • l’Union nationale des étudiants de France (Unef)
  • Taha Bouhafs (journaliste). Très impliqué contre la politique répressive actuelle, auprès des GJ victimes de violences policières.

En clair, la seule erreur de casting éventuelle, c’est sans doute le CCIF.
En effet cette association recense les actes islamophobes, et a donc une certaine légitimité à participer à cet appel, cependant, elle est parfois critiquée.
On lui reproche de placer les musulmans en position de victime, d’avoir une visée politique et des liens supposés avec les frères musulmans ou certains imams radicaux. Ce sont les vidéos de ces derniers que vous avez sans doute vu passer et qui sont scandaleuses bien entendu. Seulement, d’une part les déclarations du CCIF ne correspondent globalement pas à ces accusations.
D’autre part, il s’agirait selon moi d’un énorme biais de représentativité de ce qu’est cet appel.
Le tout a été énormément gonflé par la fachosphère et malheureusement pris pour argent comptant par pratiquement tout le monde… Comme si ces imams radicaux étaient les instigateurs du mouvement, n’importe quoi !!!

Faut-il rappeler qu’avant l’initiative de Madjid, personne n’avait proposé quoi que ce soit, malgré un attentat raciste !
Et surtout c’est vraiment pas le sujet du texte, ici il est très clairement question de racisme contre des GENS. On défend pas l’islam on défend LES GENS assimilés à l’islam de par leur faciès qui veulent juste pas être insultés / agressés à longueur de temps.

Qu’on ait peur de l’intégrisme, je le comprends. Mais ne pas voir qu’il s’agit ici d’un appel à se réunir pour dire non à la haine, c’est de la bêtise coupable. C’est même très souvent l’hypocrisie d’un racisme inavoué, ignoré même. Certains n’aiment pas trop les musulmans parce qu’ils sont trop différents d’eux mais on ose pas l’assumer ou le dire parce qu’on ne PEUT pas, alors on se cherche des excuses.

« Trop visible » ouais en gros ça t’arrangerait si ils pouvaient disparaître, mais c’est pas ça la laïcité hein !
A un moment faut accepter que les AUTRES, par définition, ils sont pas comme vous, ils sont différents et ça veut pas dire qu’il faut en avoir peur.

Dis moi avec qui tu traînes, je te dirai si on peut traîner ensemble.
Liste non exhaustive de ceux qui n’ont pas flanché malgré la polémique :

  • La LDH
  • Amnesty
  • Mélenchon
  • Brossat
  • Besancenot
  • Plenel
  • Tous les gens que je trouve pertinents sur Twitter

Ceux qui ont torpillé la manif :

  • Le RN dont la stigmatisation des musulmans est le fond de commerce.
  • La droite catho, qui est en réalité la plus grande pourvoyeuse d’idées religieuses radicales en France (anti-IVG, Manif pour tous homophobe, etc.)
  • Le gouvernement Macron dont la division est l’agenda politique vu la casse sociale en cours.
  • Une partie du PS
  • BHL
  • Enthoven
  • Laurent Alexandre
  • Tous les chroniqueurs habituels du racisme médiatique.
  • Des athées de gauche, intransigeants avec le CCIF
  • En gros tous les gens avec lesquels je ne suis pas d’accord…

Le profil type avec qui j’ai beaucoup débattu sur Twitter c’était des blancs, libéraux ou de gauche, souvent athées, parfois qui se réclament de Charlie, qui partagent du RISS (assez confus politiquement du coup mais qui ne l’est pas), qui me parlaient d’islam, de ses dangers pour la femme, et ok j’entends.
On a de très bonnes raisons de critiquer les religions et leur instrumentalisation à des fins politiques négatives, je le fais volontiers !

mais encore une fois c’est HS, là le sujet c’est les personnes qui subissent du racisme. On peut ne pas aimer l’islam, mais on devrait au moins tolérer d’autres êtres humains.

D’un coté je devrais me dire, c’est cool, t’es cohérent, t’es avec les gens qui partagent tes valeurs. Ouais super… on est quoi, même pas 10% de solidaires parmi la population française en dehors des concernés ?
Et donc y’a 90% qui ne veut pas soutenir ce truc parce qu’ils ont peur de montrer de la fraternité à des musulmans ? Mais putain c’est chaud… Vous attendez quoi en fait, je pige pas ? Des morts, une politique ouvertement ségrégationniste ?
Ou ce pays est à ce point raciste ? Il est très raciste, on va pas se mentir, mais quand même…
Je sais d’ailleurs que ma grand mère qui s’informe par la télé pense maintenant pareil, ça a pas toujours été le cas et ça me fait mal au coeur.
C’est quand même magnifique : on lance un appel pour dire non au racisme, et il en sort une polémique à travers laquelle les médias vont tenir encore plus de discours racistes.

Au final je garde de cet épisodes deux constats glaçants :

  • Les musulmans sont bel et bien sacrifiés par le pouvoir et ses médias à des fins de division du peuple.
  • Je suis terrifié de voir qu’une immense majorité refuse de manifester pour défendre des musulmans, pour une raison ou une autre.

Alors que dans le même temps on a un élu RN qui agresse ouvertement une musulmane, Macron qui tient des propos dégueulasses dans Valeurs Actuelles, une rectrice qui se barre d’une école parce qu’elle y voit 3 mamans voilées, des incitateurs à la haine genre Zemmour, ou le racisme beauf de Pascal Praud ou les GG RMC à la télé dans la plus grande décontraction.

Alors merde. STOP ! Le racisme c’est non, c’est tout. No Pasaran.
Encore une fois je veux dire aux musulmans que je les aime
et j’espère être moins seul que ce que je pense.

Bender : The Poker Bot

Suite à l’article de Guillaume Krempp paru sur rue89, on m’a proposé d’approfondir le sujet.
Le format imposé à Guillaume ne permettait pas de développer, ce que je pourrai faire ici.
J’ai aussi un bon background de poker qui sera bien utile face à un tel sujet.
(joueur, coach sur pokerstrategy, rédacteur pour le magazine That’s Poker)

Ayant déjà eu vent de cette histoire, j’ai accepté avec plaisir de la raconter, je la trouve géniale.

Lire la suite

Mort programmée des CFA Publics.

Voici un billet pour raconter ce qu’il arrive aujourd’hui aux CFA publics et qui me touche directement, à savoir :

  • Mise en péril du poste de coordonateur pédagogique sur site, ainsi que d’autres postes de l’équipe qui gère le CFA
  • Tentative d’augmentation de 25% du nombre d’heures de base de travail de tous les enseignants, sans aucune compensation financière.
  • Ce dernier point entraînerait la fermeture d’un poste sur 5.
  • Possible modification des calendriers de cours qui pourrait également nous faire perdre une bonne partie des vacances scolaires.
  • Création artificielle d’énormes difficultés pour les CFA.

Voici une explication détaillée de ce que la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a pour conséquence :

Les CFA en Alsace :

En Alsace en particulier, les Centres de Formation pour Apprentis sont très développés. Ils font parti du paysage éducatif qui suit le collège et permettent d’accompagner près de 5200 apprentis, ayant principalement entre 15 et 20 ans, vers des diplômes tels que le CAP, le Bac professionnel, d’autres titres de la chambre des métiers de niveau équivalent ou encore des BTS. On compte 15 centres avec environ 270 profs au total.
Chaque centre est spécialisé dans une gamme de métiers.
On fonctionne grâce à une équipe qui assure l’organisation des alternances, les emplois du temps, la vie scolaire, la coordinations des différents projets, le secrétariat, l’intendance, les relations avec les partenaires notamment les entreprises, le suivi des apprentis, la gestion du handicap, de situation sociales difficiles, etc.
Ainsi qu’une équipe d’enseignants qui assurent les cours, certains issus des concours de l’éducation nationale, d’autres sur contrat.
Le tout est géré par un intervenant indispensable, qui fait un travail de gestion et de coordination gigantesque : Le coordonateur pédagogique, qui chez nous est le directeur adjoint du CFA.
Ce mode de fonctionnement permet d’offrir une formation optimale et d’obtenir d’excellents résultats, en terme de qualité et de taux de réussite de nos apprentis. Notre expertise est reconnue par les entreprises et nos résultats parlent d’eux même.

C’est tout cet équilibre qui est mis à mal aujourd’hui, par une réforme autoritaire et destructrice du service public.

Une réforme libérale et productiviste :

La réforme de l’apprentissage permet une libéralisation de la formation des apprentis. C’est à dire que désormais, les CFA publics seront en concurrence bien plus forte avec des organismes privés qui sont amenés à se créer, ainsi qu’avec des entreprises qui pourront former directement en interne si leur structure le permet.
Si on ajoute à cela les aspects de la réforme Blanquer qui vont réduire la quantité d’enseignement général pour les apprentis au profit de l’enseignement professionnel, on est face à des mesures visant à favoriser l’employabilité des personnes, au détriment de leur développement personnel. C’est productiviste et orienté vers les besoins des entreprises. J’y reviendrai plus en détail.
De plus, on permet à des structures privées de faire des bénéfices sur la formation des apprentis.

Au delà de la mise en concurrence, qui peut se discuter d’un point de vu politique et se comprendre (à condition d’être de droite 😉 ), ce qui est scandaleux, c’est le sabotage des CFA publics.

Sabotage des CFA publics :

Le financement des CFA dépend du nombre de contrats signés et jusqu’à présent, la région dont nous dépendions, prenait en charge le reste des frais de fonctionnement.

Comme les régions ne sont plus concernées par la loi, l’argent versé par apprenti devient insuffisant. On entre dans des logiques de rentabilité qui pourraient choquer dans l’éducation nationale, mais avec lesquelles nous sommes habitués à fonctionner dans les CFA, à condition que l’argent mis sur la table puisse couvrir les frais de fonctionnement d’un enseignement de qualité. En l’état nous fonctionnerions à perte les années à venir et c’est déjà là le premier problème.

On arrive alors à un grave dysfonctionnement :

La dotation prévue par apprenti est presque deux fois supérieure pour les nouveaux contrats d’apprentissage, car les contrats en cours ne sont pas revalorisés sur les nouveaux tarifs.

Les nouvelles structures qui vont ouvrir et signer uniquement des nouveaux contrats auront ainsi accès à une manne financière (publique) bien plus importante les deux années à venir et qui leur permettra de nous faire une concurrence déloyale !
L’institution France compétences, chargée d’évaluer le coût d’un apprenti, a bien réalisé que nos dotations actuelles par apprenti étaient insuffisantes et les a ainsi presque doublées. Mais pas pour les contrats existants !?!
Ce problème s’applique à tous les contrats signés avant le 1er janvier 2020 et qui ne seront jamais alignés sur le nouveau tarif, alors qu’il faudra bien assurer et prendre en charge leur coût de fonctionnement, jusqu’en 2022 pour certain d’entre eux. Les nouvelles structures n’auront pas ce handicap.
Au delà de ça, je rappelle que nous sommes un service public et que notre vocation n’est pas d’être rentable, mais d’assurer un accompagnement et un enseignement de qualité. Quelles seront les logiques qui découleront de cette exigence ? Sans aucun doute une détérioration de la qualité.

Cette différence de traitement, c’est comme si on mettait en concurrence deux entreprises pharmaceutiques, l’une publique, l’autre privée, et que pour un même médicament vendu, le taux de remboursement de l’entreprise publique ne couvrirait pas ses frais de fonctionnement, alors que l’autre toucherait le double de la part de la sécu et pourrait dégager de belles marges. Vous trouvez ça étrange ? Oui ça l’est.
Puis on viendrait demander des comptes à l’un et l’autre de manière candide et l’entreprise publique déficitaire serait contrainte de fermer ou de faire des coupes budgétaires en mettant sous pression ses salariés. C’est précisément ce qui nous arrive aujourd’hui.

Bernard Statler, le président de la chambre des métiers explique très bien le problème dans ce passage sur LCI :
Cliquez pour voir l’extrait.

Dégradation des conditions de travail des profs de CFA, de la qualité de l’enseignement et mise en péril de postes clés :

On nous explique que nous ne serons plus rentables et qu’il faut se préparer à faire face à la concurrence, pour les raisons biaisées que je viens d’évoquer. C’est d’autant plus ridicule que notre efficacité n’est plus à prouver.
Tout ceci sert alors de prétexte pour remettre en cause nos conditions de travail et même détruire les structures qui nous permettent de former correctement.

Sophie Béjean, rectrice de l’académie de Strasbourg

La Rectrice de l’Académie de Strasbourg, Mme Sophie Béjean, (économiste !), sans avoir consulté qui que ce soit au niveau des CFA, se permet de nous imposer comment nous devrons désormais fonctionner :
Elle nous informe de la création d’un CFA académique porté par le GIP FCIP Alsace. C’est à dire que nous serons gérés de manière centralisée par l’organisme qui gère actuellement les GRETA, la formation pour adultes.

Les conséquences d’une telle décision sont les suivantes :

  • Mise en péril du poste de coordonateur pédagogique sur site, ainsi que d’autres postes de l’équipe qui gère le CFA
  • Tentative d’augmentation de 25% du nombre d’heures de base de travail de tous les enseignants, sans aucune compensation financière.
  • Ce dernier point entraînerait la fermeture d’un poste sur 5.
  • Possible modification des calendriers de cours qui pourrait également nous faire perdre une bonne partie des vacances scolaires.
  • Création artificielle d’énormes difficultés pour les CFA.

Au delà de l’exigence délirante de nous faire travailler 25% de plus pour rien, ce bouleversement du fonctionnement des CFA témoigne d’une méconnaissance grave. Nous avons besoin de cette proximité pour être efficace. Chaque centre est proche géographiquement de ses partenaires.
Les personnes concernées qui gèrent les CFA et dont les postes sont menacés sont parmi celles que j’admire le plus dans cette structure et leur travail est remarquable. Elles ont un niveau de dévotion qui est incroyable et sans eux nous ne sommes rien. Et on s’imagine pouvoir se passer de certains d’entre eux en centralisant ? C’est totalement fou.

Le GRETA a l’expertise de la formation pour adultes. La plupart de nos apprentis ne le sont pas et ne se gèrent pas du tout de la même manière. Le temps de préparation n’est pas le même et la gestion du groupe classe est bien plus complexe. Nos conditions de travail doivent continuer d’en tenir compte.

Conclusion :

Je ne sais pas s’il s’agit d’amateurisme ou de volonté délibérée de détruire un système qui fonctionne à merveille, mais dans les deux cas c’est criminel et inacceptable. Nous nous battrons pour que cela n’arrive pas.

Nous sommes une structure minoritaire dans l’éducation nationale et donc une cible à priori facile.
Cependant je sais que notre solidarité est sans faille, tout comme notre détermination et notre volonté de maintenir le meilleur pour nos apprentis.

J’aimerais rendre attentif les enseignants de lycée pro, ou même l’ensemble des profs tout court qui risquent à terme de subir le même sort que nous et voir leurs statuts remis en cause. Je suis prof titulaire, je pensais être à l’abris, j’avais tort.

Que vous soyez profs, parents, apprentis, patrons, citoyens concernés et dans tous les cas nos amis, nous espérons pouvoir compter sur votre soutien dans notre lutte à venir.

Une pétition est en ligne.

Épilogue

Lundi 24 juin, nous sommes allés manifester devant l’annexe du rectorat de Strasbourg. Une commission s’y tenait pour décider de notre sort. Notre présence massive (près de 200 personnes sur 270 profs de CFA touchés) a permis à nos représentants syndicaux d’être reçus.

Ils ont fait valoir la spécificité de l’Alsace par rapport à l’apprentissage, ainsi qu’une partie des arguments que j’ai avancé.
Surtout, nous avons pu mettre la rectrice et son équipe face à des évidences et une réalité qu’elle ne maîtrisait pas du tout et c’est relativement inquiétant d’être obligé d’en passer par là.
De notre coté, nous nous sommes contentés de faire du bruit et d’occuper la rue plus de 3h, durant toute la négociation.

Il semblerait que nous ayons été entendus, c’est à dire que l’augmentation d’heures est abandonnée pour toute l’année scolaire prochaine.
De même le poste de coordinateur pédagogique est maintenu.
Rien n’a pourtant été signé ou officialisé. Qu’en sera-t-il la rentrée suivante ?

Les CFA seront bien transformés en UFA et leur gestion sera bien centralisée. L’avantage qu’on peut concéder à cette idée, sera de nous donner plus de visibilité et de force vis à vis de France Compétence, puisque le CFA unique représentera plus de 5000 apprentis.
Ainsi qu’une mutualisation des moyens financiers.
Cependant, toute centralisation de pouvoir me pose problème car on perd le contact. C’est toujours une perte de pouvoir et on voit bien qu’ils ne manquent pas une occasion de nous affaiblir pour remettre en cause nos conditions de travail.

Concernant la différence de traitement financier des contrats, elle semble également maintenue au niveau national.
Je voudrais préciser que cela ne sera le cas que pour les contrats signés avant le 1er janvier 2020 mais pour toute la durée du contrat, soit 2 ans pour un CAP, 3 pour un bac pro. C’est à dire que nous serons désavantagés uniquement pour cette année scolaire qui sera bien tendue financièrement, ainsi que la suivante, mais à terme ça devrait aller.

Est-ce que tous les CFA survivront à cette injustice ?

Ne va-t-on pas perdre des postes de secrétariat, de gestion, de développement de l’apprentissage ?

Est- ce qu’ils ne sont pas en train de nous endormir, de nous détruire à petit feu ?

Est-ce qu’ils sont simplement incompétents et aveuglés par une idéologie néolibérale déclinée à l’extrême ?

Certaines questions restent en suspend, il faudra être très vigilants, poursuivre la lutte et on reste effarés par un tel manque de consultation en amont, un tel amateurisme, et de telles méthodes autoritaires qui poussent au conflit.

Je reste révolté par ces méthodes, cette idéologie, cette bêtise, cette volonté de destruction et j’aimerais qu’on montre sans détour ce qu’est réellement la #TeamProgressiste : une TeamDestructrice, des acquis sociaux, des services publiques, de l’environnement, de tout ce qui fait du sens et de l’humain.

Je tiens à remercier les collègues et les sympathisants qui se sont mobilisés et ont permis d’installer un rapport de force propice à la négociation.
Ainsi que les soutiens et la sympathie exprimée un peu partout.
Il faut rester solidaire et unis.

Madame la rectrice parle dans sa lettre de « dialogue social », entre autre éléments de langage et langue de bois. Rigolons un peu pour finir :


Denis Baupin #me too

Depuis quelques jours, nous assistons au procès de Denis Baupin (DB), accusé d’agressions sexuelles au sein du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV).
En réalité, cette question a déjà été tranchée : Suite au travail journalistique commun de Médiapart et France Inter qui avait réuni des témoignages de victimes de DB, une enquête a été ouverte le 10 mai 2016 et a conclu que les faits étaient « susceptibles d’être qualifiés pénalement » mais a été classée sans suite pour prescription. En effet, à cette époque ce type d’agression avait un délai de prescription de 3 ans seulement, qui est passé à 6 ans en février 2017

Non satisfait de s’en sortir à si bon compte, ce gros forceur de DB a maintenu sa plainte en diffamation, et c’est à ce procès que nous assistons aujourd’hui, celui des victimes, que leur agresseur tente de malmener une fois de plus, une fois de trop sans doute. Ce qui en ressort pour le moment se retourne bel et bien contre lui, et tant mieux.

Pour ajouter au contexte, en mars 2016 Denis Baupin avait participé à #mettezdurouge contre les violences faites aux femmes :

Ce qui a suscité un peu plus l’indignation et accéléré la réaction de certaines de ses victimes.

« J’ai d’abord essayé de régler ça en interne dans le parti et puis il y a eu la photo du 8 mars. J’ai eu l’impression qu’il prenait mon rouge à lèvres. C’était violent ».

Sandrine Rousseau

Ainsi, on assiste depuis quelques jours à des témoignages accablants, révoltants et d’une grande dignité de la part de femmes dont on peut mesurer la souffrance, l’impact négatif des agissements de DB sur leurs vies. On ne peut que s’indigner de tout cela et c’est en ça que ce procès, même s’il ne le condamnera pas, est un peu celui de Denis Baupin.

« J’ai divorcé 3 semaines avant la publication de l’article. J’ai dit à celui qui allait devenir mon ex mari « l’affaire Baupin va sortir », il m’a répondu « c’est en partie à cause de lui qu’on est là. »

Sandrine Rousseau, en larmes.

« Je ne pensais pas dire ça un jour mais je voudrais dire merci à Denis Baupin. Ce procès qu’on n’a pas choisi, nous permet de dire haut et fort, sans honte, ce que nous avons vécu, que ça sorte enfin. »

Isabelle Attard

On peut suivre le tout relayé sur le compte twitter de Marie Barbier.

Vraiment, il faut lire ces témoignages !
Celui de Cécile Duflot par exemple, qui m’a vraiment touché.

« Il me caresse et met sa main sur mon cou, il me dit « laisse toi faire ». J’ai eu un bon réflexe je lui ai donné un coup de pied dans le tibia. je l’ai poussé dehors et j’ai claqué la porte ».

Cécile Duflot

Ou encore Sandrine Rousseau.

« Ça a été très furtif, il m’a plaquée contre le mur, m’a attrapé les seins et a essayé de m’embrasser. Je l’ai repoussé. J’étais flageolante, je suis allée aux toilettes, je me suis passée de l’eau sur le visage et je suis retournée travailler »

Sandrine Rousseau

Des victimes livrent ce qu’elles ont sur le cœur et ces témoignages sont d’utilité publique. D’une part en tant qu’exemple de libération de la parole, pour la démonstration d’empathie, du soutien massif qui s’exprime aujourd’hui envers elles, mais aussi simplement pour montrer ce qui ne va pas et pour susciter des remises en question de certains comportements masculins, et de la culture patriarcale en général.

« Ces journalistes nous ont aidé à dire ce qui devait être dit, à protéger d’autres femmes, à mettre fin à l’impunité de cet homme. Mon seul regret : ne pas avoir trouvé le courage de le faire avant. »

Elen Debost

Je ne suis pas une femme, je ne souffrirai sans doute jamais du harcèlement sexuel. Alors qu’est-ce qu’un mâle blanc hétéro pourrait bien avoir à dire là dessus ? Sans doute pas grand chose, si ce n’est que ces témoignages m’ont fait réfléchir sur mon comportement et sur la manière dont je pourrai parler de séduction à mon fils. Alors je m’adresse à nous messieurs, si nous ne sommes pas tous au niveau de dégueulasserie de DB, je ne pense pas que beaucoup d’hommes puissent faire une introspection, sans trouver rien à se reprocher.
Moi aussi, je me suis sans doute déjà comporté comme un odieux connard. On ne changera pas le passé, mais demain se pense aujourd’hui. Alors changeons, sortons des codes virilistes rétrogrades, ne fermons pas les yeux, et soyons solidaires des victimes.
C’est parce que ce type de comportement est toléré, banalisé, qu’on en plaisante, qu’il est possible. Il faut que ça change.
Mention spéciale pour Gaudin et Ravier, les blagueurs de Marseille.

Denis Baupin se définit comme « libertin incompris ». Denis, c’est toi qui n’a rien compris mon pauvre. Le libertinage implique la notion de consentement mutuel, tandis que tu as juste abusé de ton pouvoir, de ta force physique et de ta ruse pour agresser de femmes qui n’avaient rien demandé. Je te définirais plutôt comme un forceur de classe internationale, de ceux dont la manière de draguer est répréhensible par la loi.

Je dois nuancer quelque peu mes propos puisque certains témoignages, dont notamment ceux de son ex-compagne Pauline Veron ou de sa femme Emmanuelle Cosse en font un portrait beaucoup plus élogieux. De leur point de vu, ce brave Denis serait un bon gars, un peu dragueur mais certainement pas le dangereux personnage décrit jusque ici. Leur parole comme les autres mérite d’être prise en compte.

« Je vous dis simplement que mon mari n’est pas capable d’actes de violences envers une femme. »

Emmanuelle Cosse

Alors qui croire ? Tout ceci n’est que spéculation de ma part :
Je pense simplement que Denis Baupin est un peu les deux à la fois et que ça n’est pas incompatible. Un mec plutôt normal quand il est chez lui, mais qui se fait une idée très archaïque de ce que peut être la séduction et le rapport homme/femme et qui n’hésite pas à utiliser ses positions de force. En clair un vieux gars bien lourdingue qui pense tout naturellement que la drague autorise tout, qu’elle ne s’arrête pas, même au bout du 10è « non » consécutif. Qui a intériorisé l’idée que l’homme domine, que les femmes peuvent coucher pour réussir et que c’est normal qu’il en profite, qui pense que son sex-appeal est irrésistible et que parfois ça excite des femmes d’être prises de force et tout ceci est intolérable, aussi gentil puisse-t’il être en tant que père de famille. Si ça se trouve, il ne comprend même pas vraiment ce qu’on lui reproche.
Un type qui a parfois utilisé son pouvoir pour parvenir à ses fins et faire pression sur les femmes qui l’entourait et c’est ça le plus grave selon moi, mais qui peut à la fois se comporter chez lui en mari respectable.

Annie Lahmer lui a raconté son agression autour d’un bureau. Puis la phrase de Denis Baupin « toi tu n’auras jamais rien dans le parti ».

En bonus, je vous laisse avec cette vidéo du « roi des rats » qui m’a également beaucoup touché. C’est un beau travail de compilation de témoignages de victimes de youtubeurs célèbres, qui comme DB ont abusé de leur position de dominance pour harceler ou tirer avantage de jeunes femmes.

« Peut être qu’à l’avenir, il y aura moins de prédateurs sexuels. »

Isabelle Attard

En finir avec le sujet libre et autodéterminé.

societe-des-affectsAujourd’hui j’ai envie de parler de sociologie. La sociologie part du principe que les individus sont les jouets de forces qui les dépassent, qu’ils obéissent à des affects,à leurs interactions avec les autres et leur environnement, à des structures, qui conditionnent leur comportement.
La sociologie propose d’expliquer les comportements, sans jugement, et n’est donc pas là pour parler du bien et du mal.
Cette science permet de mieux comprendre ce qui détermine les agissements des individus, et permet un nouvel éclairage des rapports sociaux aux champs d’applications vastes : éducation, politique, etc.

J’ai commencé la lecture de « La société des affects » de Frédéric Lordon. On m’avait dit que Lordon en bouquin c’était impossible à lire. Alors, c’est vrai que c’est pas simple, mais on y arrive, et surtout ça vaut largement l’effort de compréhension tant ça permet d’avancer.

Et sinon Lordon existe aussi en VOST, grâce au stagirite !

La seule introduction du livre, m’a donné envie d’écrire aujourd’hui, parce qu’elle a fait écho à de nombreuses réflexions personnelles. Elle vient aussi confirmer et développer davantage des idées que j’ai lu dans « L’éloge de la fuite » d’Henri Laborit.

Lire la suite

On vaut mieux… certes, mais qu’est ce qu’on veut changer et pourquoi ?

La réforme El Khomri est-elle l’excès de trop ?

13112516_10208000524284799_919634587_oDans le genre gros flag :
Quand un gouvernement « socialiste » se fait écrire ses lois par le Medef, puis les impose de manière totalitaire, la supercherie habituelle commence à montrer ses limites.
Certains ont cru à l’alternance avec François Hollande, j’imagine qu’ils doivent être déçus, mais c’était pourtant prévisible : Le PS est un parti capitaliste, néolibéral, avec tout ce que ça implique. Ce qu’il fait là correspond à son plan. (et oui, il ment beaucoup sur ses intentions en période électorale ! mais quelle surprise !)

L’utilisation abusive de l’état d’urgence, l’orchestration de la violence pour casser la mobilisation en matraquant, gazant, emprisonnant à tout va, sont autant de signes qui montrent la véritable nature et le rôle du PS : celui de poursuivre la déconstruction des acquis sociaux, là où le parti précédent les avait laissé. Les relais de l’oligarchie capitaliste se succèdent, la stratégie fonctionne. Le verrou médiatique est bien en place et ce qui se passe est légitimé par la plupart des spécialistes que vous entendrez sur le sujet.
Lire la suite

Top 10 des absurdités de LRDP et J. Grimault

Après avoir montré que Jacques Grimault fait de la numérologie, je propose de montrer que c’est un charlatan.

Un charlatan est une personne qui pratique l’imposture, ou un jeu de dupes envers autrui, grâce à des trucages, des déformations de la réalité (par exemple via l’exploitation de biais cognitifs), ou des falsifications, en vue de gagner sa confiance, généralement pour obtenir de l’argent ou tout autre avantage.

jeux de mots grimaultNous allons pour cela regarder quelles sont les conséquences aux théories proposées dans le film et ailleurs, ainsi que les propositions étonnantes qu’on nous invite à suivre.

Je vais aller à l’essentiel parce que cette mascarade m’a déjà pris assez de temps. La démarche est simple : il s’agit d’opposer à l’improbabilité supposé de la théorie officielle, l’improbabilité des conséquences inévitables de LRDP. A partir de là et de l’ensemble des infos déjà données, je pense qu’on aura largement fait le tour de la question.

D’un coté, le film nous suggère de voir que des constructions anciennes sont incroyables, que certaines relations mathématiques apparaissent et ne sont pas là par hasard. On cherche à nous convaincre que la théorie officielle est fausse car elle ne colle pas à certains « faits ». La première chose qu’il faut rappeler c’est que les « faits » ne sont pas présentés par LRDP de manière neutre.
JG refuse de donner ses sources ou de publier ses travaux. Il a récemment été interviewé par la TeB sur ses méthodes, et n’a fourni aucune réponse. Au contraire, on l’a vu s’égarer dans des délires new age.

J’ai également eu l’occasion de dire dans les commentaires que les choses « incroyables » le sont selon l’angle de vu du film et sont loin de correspondre à une réalité. Le mensonge par omission est très fréquent et de nombreuses remarques peuvent être balayées par un travail de recherche sur le sujet. Ce qui peut nous étonner au premier abord, sera finalement compréhensible et la numérologie a été discuté dans l’article précédent.

Pour remplacer cette histoire classique présentée comme improbable, issue selon eux de dogmes et de mensonges, voire même de complots, on voudrait proposer une explication qui cadrerait davantage avec les « faits » observés et serait donc plus probable. Regardons cela de plus près.

 

TOP 10 de ce qu’il faut être prêt à accepter si on accorde du crédit à LRDP :

Lire la suite

Coïncidences, redondances et numérologie : analyse des propositions de Jacques Grimault, en rapport avec les dimensions de Khéops.

Jacques_GrimaultJe propose ici de démontrer que Jacques Grimault fait de la numérologie. Merci de lire le contenu qui justifie pourquoi je me permets un titre sans ambiguïté et qui tranche avec mes publications précédentes.
Bonne lecture, et courage pour les maths.

Voici en résumé ce que je vais montrer : LRDP contient quelques coïncidences remarquables, mais on tombe souvent dans l’approximation et on abuse de relations équivalentes.
Dans les autres publications de Grimault, c’est bien pire. On se permet n’importe quoi pour faire passer les relations : valeurs tronquées, modifiées, arrondies à des niveaux choisis arbitrairement, calculs faux, équivalences réutilisés à outrance et j’en passe.
Il y a là une forme manifeste de malhonnêteté intellectuelle, qui ne devrait pas laisser indifférent.
Cette affirmation sera montrée dans la partie de l’article qui permet de lever toute équivoque, notée 2.3.2 Mise en évidence à l’aide d’un exemple.

Choix des dimensions de la pyramide de Khéops.

 

Après avoir discuté du choix des proportions avec le rapport de pente, on peut s’intéresser au choix des dimensions.
LRDP et Jacques Grimault prétendent que celles-ci sont uniques et ont été choisies dans le but de faire apparaître des relations bien particulières, qu’on peut interpréter car il s’agit d’un langage, nous reviendrons là dessus plus tard. Avant d’analyser un ensemble de propositions de Jacques Grimault sur cet édifice, voici un exemple d’explication « classique » du choix des dimensions de l’édifice :

Lire la suite

Pourquoi l’apparition de pi et phi dans la pyramide de Khéops n’est peut être pas intentionnelle.

800px-Meidoum03Dans mon retour aux pyramides, j’ai évoqué des hypothèses du choix de la pente de la pyramide de Khéops.

J’en ai donné trois qui me semblent compatibles avec le savoir de l’époque. L’une d’entre elle utilise pi et l’autre phi mais par tracé dans les deux cas. Plus j’y pense, plus je me dis que c’est bien la troisième hypothèse, la plus simple finalement, qui serait à l’origine du choix.

J’aimerais approfondir cette recherche, à travers une réflexion globale sur les choix des pentes des pyramides d’Égypte.

Première remarque quand on creuse le sujet : Des pyramides, en Égypte, il y en a énormément, dont de nombreuses « grandes pyramides » en plus ou moins bon état et à des niveaux de raffinement très variables. On compte par exemple 24 pyramides atteignant au moins une cinquantaine de mètre de haut ! C’est sans compter ce qui n’a pas encore été découvert et celles qui n’ont pas survécu à l’épreuve du temps avec plusieurs milliers d’années d’existence. Je pense notamment à l’utilisation de monuments comme carrières de pierres taillées, parfois prêtes à l’emploi. On peut voir ça un peu partout, comme en Alsace avec le réemploi de pierres du mur païen pour la construction de châteaux médiévaux sur le Mont Sainte Odile.

Une vue d’ensemble de la chronologie « officielle » sur l’ensemble de ces édifices permet de se rendre compte de pas mal de choses, sur l’évolution globale des pyramides, de leur style et plusieurs remarques générales :

Lire la suite