Pour ou contre dieu ?

Dans mon dernier article, à la question « dieu existe-t-il ? », j’ai répondu « non » comme réponse la plus probable, à laquelle j’accorde 70% de probabilité, voire même un peu plus si je suis cohérent avec les lignes qui vont suivre. En tout cas je pense qu’une explication s’impose.

Ce pourcentage est arbitraire et personnel mais il ne se base pas sur rien. Voici mon interprétation, que Dieu me pardonne…

J’estime que Dieu n’est pas nécessaire à une compréhension du monde ou de la vie. C’est une théorie comme une autre qu’on ne peut ni confirmer, ni infirmer.
Certains ont des indices qui leur font croire en Dieu (harmonie de l’univers, valeurs des constantes physiques qui permettent notre existence, etc.)
Moi je vois plutôt le problème à l’envers en me disant que si tout ça n’était pas comme c’est, nous ne serions pas là pour en parler.
Et si notre univers et ses lois n’était qu’un parmi une multitude d’autres, qui permet notre existence, de la même manière qu’on sait aujourd’hui que la terre est une parmi plusieurs sur une quasi infinité de planètes, qui se trouvent dans l’intervalle des conditions d’existence de la vie.

Il y a aussi des indices qui tendent vers une création du concept de Dieu par l’homme :
L’homme a besoin de croire, d’être rassuré. C’est aussi un interlocuteur de la solitude, l’ami imaginaire générique de l’humanité.
Comme je disais plus haut, on utilise aussi Dieu pour les questions sans réponses. Il a incarné le tonnerre, le soleil, le vent, et incarne aujourd’hui ce qu’il nous reste d’incompris.
Ceci dit, ce n’est pas une preuve qu’il n’existe pas.
Je me suis amusé dans mon dernier article à répondre à pas mal de questions sous forme de probabilité (j’en avais marre de la certitude affichée partout sur des questions qui restent ouvertes)
J’ai répondu non à 70%. C’est purement personnel et arbitraire, mais en tout cas je reste ouvert à sa possible existence et tolérant envers ceux qui le croient.

En ce qui concerne le « pari » de Pascal, le rapport à la mort et la morale, je ne crois pas en la vie après la mort, ça m’évite pas mal de spéculations. Plus précisément, je la vois comme un bonus très improbable.
En fait, je veux vivre ma vie comme si il n’y avait rien après. Ceux qui comptent plus sur la vie après la mort que sur leur existence terrestre me font penser aux mecs qui ont la retraite ou les quelques miettes de congés comme seul perspective pour commencer à vivre.

En revanche, je n’aime pas la théorie avancée par ceux qui disent que la chute « morale » de nos sociétés est due à la perte de foi en Dieu.
Je n’ai pas besoin de la peur du jugement dernier pour me conduire correctement tout comme des milliers de croyants peuvent se comporter comme des connards malgré cela. Les religieux trouvent toujours une interprétation foireuse de la volonté divine ou du pardon pour justifier ou excuser l’inacceptable. Si je suis plutôt favorable à la pratique de la religion pour son coté spirituel, pour véhiculer de bonnes philosophies de vie qui peuvent participer à une bonne évolution de la société, je suis très défavorable à l’utilisation politique ou ségrégationniste de la religion.
Dans le même ordre d’idée, je n’ai pas besoin de Dieu pour penser aux autres et pas qu’à ma gueule.
Mes choix et mon intégrité font parti de ce que je suis comme individu et j’estime en être responsable indépendamment de toute culpabilité catho.
J’en reviens au fait de vivre l’instant présent, en accord avec ses convictions et de ce qu’on pense être juste.

D’ailleurs je pense que s’il doit y avoir un jugement dernier pour le bonus, il me semble plus probable que celui ci se fasse sur la « pureté de l’âme » (comme pour entrer dans la caverne d’Aladdin), et non sur la foi en une conception précise de Dieu, sachant qu’il en existe une multitude. Quels seraient les critères de sélection ? la bonté ? la gentillesse ? et à quel degré ? on fait tous plus ou moins de mauvaises choses, et notre conception même du bien et du mal est très relative.
Plus je vais sur cette idée de jugement dernier, plus elle me parait stupide…

Issu d’une éducation catho, j’ai évolué vers quelque chose qui se rapproche plus du bouddhisme, à confirmer parce que je connais mal cette « religion » (peut-on vraiment l’appeler religion ? ou est-ce juste une philosophie de vie ?)

 

En réalité, j’ai aussi été ramené sur le sujet de Dieu en voyant circuler sur les réseaux sociaux l’anecdote suivante, dont je ne suis même pas certain de la validité :

Un professeur universitaire défia ses élèves avec cette question: « Est-ce que Dieu a créé tout ce qui existe?». Un étudiant répondit bravement: – Oui, Il l’a fait!
Le professeur dit: «Dieu a tout créé?». – Oui, Monsieur, répliqua l’étudiant. Le professeur répondit: « Si Dieu a tout créé, Il a donc aussi créé le mal puisque le mal existe et selon le principe de nos travaux qui définissent ce que nous sommes, alors Dieu est mauvais ».

L’étudiant fut silencieux devant une telle réponse. Le professeur était tout à fait heureux de lui-même et il se vantait devant les étudiants d’avoir su prouver encore une fois que la foi en un dieu était un mythe.

Un autre étudiant leva sa main et dit: «Puis-je vous poser une question professeur?».- Bien sûr, répondit le professeur. L’étudiant répliqua, «Professeur, le froid existe-t-il?». – Quel genre de question est-ce cela? Bien sûr qu’il existe. Vous n’avez jamais eu froid? dit le professeur.
Le jeune homme dit, «En fait monsieur, le froid n’existe pas. Selon la loi de physique, ce que nous considérons être le froid est en réalité l’absence de chaleur. Tout individu ou tout objet possède ou transmet de l’énergie. La chaleur est produite par un corps ou par une matière
qui transmet de l’énergie. Le zéro absolu (-460°F) est l’absence totale de chaleur; toute la matière devient inerte et incapable de réagir à cette température. Le froid n’existe pas. Nous avons créé ce mot pour décrire ce que nous ressentons si nous n’avons aucune chaleur.»

L’étudiant continua. «Professeur, l’obscurité existe-t-elle?». Le professeur répondit: – Bien sûr qu’elle existe! L’étudiant: «Vous avez encore tort Monsieur, l’obscurité n’existe pas non plus.
L’obscurité est en réalité l’absence de lumière. Nous pouvons étudier la lumière, mais pas l’obscurité. En fait, nous pouvons utiliser le prisme de Newton pour fragmenter la lumière blanche en plusieurs couleurs et étudier les diverses longueurs d’onde de chaque couleur.
Vous ne pouvez pas mesurer l’obscurité. Un simple rayon de lumière peut faire irruption dans un monde d’obscurité et l’illuminer. Comment pouvez-vous savoir l’espace qu’occupe l’obscurité? Vous mesurez la quantité de lumière présente. N’est-ce pas vrai? L’obscurité est un terme utilisé par l’homme pour décrire ce qui arrive quand il n’y a pas de lumière».

Finalement, le jeune homme demanda au professeur, «Monsieur, le mal existe-t-il»? Maintenant incertain, le professeur répondit: – Bien sûr, comme je l’ai déjà dit. Nous le voyons chaque jour. C’est dans les exemples quotidiens de l’inhumanité de l’homme envers l’homme. C’est dans la multitude des crimes et des violences partout dans le monde. Ces manifestations ne sont rien d’autre que du mal!

L’étudiant répondit, « le Mal n’existe pas Monsieur, ou au moins il n’existe pas de lui-même. Le Mal est simplement l’absence de foi en Dieu. Il est comme l’obscurité et le froid, un mot que l’homme a créé pour décrire l’absence de foi en Dieu. Dieu n’a pas créé le mal. Le Mal n’est pas comme la foi, ou l’AMOUR qui existe tout comme la LUMIÈRE et la chaleur. Le Mal est le résultat de ce qui arrive quand l’homme n’a pas l’AMOUR de Dieu dans son coeur. Il est comme le froid qui vient quand il n’y a aucune chaleur ou l’obscurité qui vient quand il n’y a aucune LUMIÈRE. »

Le professeur s’assis, abasourdit d’une telle réponse. Le nom du jeune étudiant ?
Albert Einstein.

 

 

J’ai naturellement répondu à cette anecdote par le complément qui suit :

En suivant cette logique, on peut voir Dieu comme quelque chose que l’homme a crée pour résoudre les questions auxquelles il n’a pas de réponse. Autrement dit, Dieu n’existe pas, c’est un mot que l’homme a crée pour combler l’absence d’explication rationnelle.

Et voici de réelles citations d’Einstein pour remettre les choses à leur place.
(Je n’aime pas trop ce coté « parrainage électoral », le fait de vouloir rallier post mortem des figures symboliques à telle ou telle cause.)
Mais merci en tout cas à 2Good2Fold pour les citations :

« Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible un recueil de légendes, certes honorables mais primitives qui sont néanmoins assez puériles. Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle peut selon moi changer cela »

Albert Einstein, lettre à Eric Gutkind, 3 janvier 1954 (EA 59-897)

« C’est un mensonge ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses, un mensonge qui est systématiquement répété. Je ne crois pas en un Dieu personnel et n’ai jamais dit le contraire, mais l’ai exprimé clairement »

Albert Einstein, lettre à un athée, le 22 mars 1954 (EA 39-525). (Einstein the human side p. 43)

 

Bon, j’ai assez blasphémé pour aujourd’hui, j’arrête d’enfoncer le clou, t’en penses quoi Jésus ?

6 réflexions au sujet de « Pour ou contre dieu ? »

  1. on a étudié en philo, Spinoza (l’Ethique) qui affirme de façon péremptoire que « puisque l’on parle de Dieu, ….Dieu existe,… CQFD. J’avais répliqué à ma Prof à l’époque, mon esprit rebelle naissant, « Depuis le temps que l’on parle de Dieu, si il existait cela se saurait »
    35 ans après, je ne suis pas plus avancé, la question demeure, tiraillé entre les données scientifiques, cartésiennes, pragmatiques et rationnelles d’une part, et par ailleurs, un sentiment inexplicable comme Dieu lui même, un petit « je ne sais quoi »,
    inqualifiable, une entité extra : universelle, matérielle, temporelle. Capable de régenter, tout ce qui bouge partout autour de nous

    Suite plus tard

    Athée, croyant ou agnostique ? That is the question ! Développement :
    Les avancées exponentielles des sciences nous confirment la certitude de l’absence d’un Dieu quelconque, faute de preuve tangible et vérifiée. Au contraire nous démontrent les mécanismes, physiques, chimiques, mathématiques, d’une cohérence implacable, de la construction, de l’évolution et de l’organisation de la matière et de l’énergie, de son animation et de son évolution aux confins du temps et de l’espace.
    Néanmoins, que penser de ces milliards de croyants, toutes confessions confondues, qui pensent ou croient qu’un Dieu existe ; sont-ils tous des crétins illuminés, manquant de discernement, enfermés dans la dogmatique historique de leur éducation respective ?
    Oui probablement pour la majorité d’entre eux, mais semble t-il, se distingue de ces masses crédules, une élite d’êtres d’exception, philosophes, scientifiques, etc..intelligents, instruits, clairvoyants, affirmant leurs convictions pour le moins irrationnelles. Impossible de contester leur « bonne foi », et si c’est eux qui avaient raison ? Les voies du Seigneur ne sont-elles pas impénétrables ?
    Pour ma part je n’ai pas encore tranché, je me déclare comme agnostique, ce qui ne veut pas dire que je botte en touche la question, le scepticisme qui m’habite, relève de mon expérience et d’observations diverses, de questions insolites qui ne relèvent ni de la science ni de quoique ce soit d’ailleurs. La principale, c’est l’observation, le constat, du soucis de la nature à tendre vers la , complexité et à la perfection, dans ces assemblages physiques et chimiques des atomes, des molécules, voire des planètes aussi ; donnant ainsi des résultats fabuleux, jusqu’à des êtres vivants des plus aboutis dans leur évolution, en y ajoutant souvent un esthétisme indépendant du bon fonctionnement de l’ensemble. La science nous en explique, le quand, le comment et le où, de mieux en mieux, mais le pourquoi n’est pas près d’être élucidé. La présence d’une entité imaginaire, irréelle que les hommes ont appelée Dieu, est une hypothèse qu’il convient d’envisager, une force surnaturelle en charge d’animer tout cela, comme un chef d’orchestre invisible soucieux que chaque chose joue correctement sa partition.

    • Je suis également un agnostique car il m’est impossible de penser qu’il n’y a rien derrière cette fantastique machinerie digne d’un incroyable programme informatique. D’ailleurs l’univers étant essentiellement composé d’informations et d’énergie, le pas est aisé à franchir…
      La meilleure réponse pour les athées est que penser que tout cela s’est fait par hasard revient à croire qu’un Boeing 707 est parvenu à s’assembler tout seul à partir de la ceinture d’astéroïde de keppler. (l’analogie n’et pas de moi mais de scientifiques).
      Quant à ma conviction perso, voici ma réponse : Dieu existe pour ceux qui y croient, mais n’existe pas pour ceux qui refusent d’y croire. Car chacun crée sa propre réalité.(Tout est dans le refuse 😉 )
      Bien amicalement
      Jacky Bourgogne

  2. Dieu se doit d’exister, sinon nous ne serions pas là pour en parler. Au moins par politesse.
    Plus sérieusement votre article est tout à fait cohérent et si le sujet vous intéresse, je vous conseillerais cet excellent ouvrage sur le sujet 😉
    http://www.amazon.fr/gp/product/B00QCKXJ7I/
    La page Facebook du livre, histoire de ne pas acheter n’importe quoi sans être parfaitement informé :
    https://www.facebook.com/livre.dieu.existe.t.il?
    Merci pour votre article.
    Amicalement
    Jacky Bourgogne

  3. Ping : Fraternité | Chez Web

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *